Couchés à pas d'heures et levés au milieu de la nuit.
On la connaissait déjà celle-là.
Encore prévu le temps un peu court ; une fois le café avalé, j'ai le choix entre refaire le lit pour M. qui va vivre un temps chez nous ou essayer encore une fois de fermer mon sac photo.
C'est vite vu, je jette une pile de draps propres sur le matelas.
Encore un coup partis avec la vaisselle dans l'évier.
Dur de devenir adulte ?
C'est la première fois que nous partons pour ce que j'appellerais une durée bâtarde, ni 3 – 4 jours, ni plusieurs semaines ; nous avons choisi de voyager avec un seul bagage et l'ordi. A. porte lui aussi sa camera au dos, du coup tout est déjà plein à craquer.
Si nous achetons des babouches, il nous faudra les avoir aux pieds pour le retour.
Je pars avec :
2 Holga trafiqués
2 cellules (mon flash-mètre et la jolie cellule à main que vient de m'offrir A. en remplacement de celle que notre visiteur du soir m'a volé à Istanbul)
50 film Tri-X 120
Un Diana avec son 100 mm (par acquis de conscience)
Un SX-70 avec une poignée de polas (histoire de bricoler un peu si l'occasion se présente)

Et, forte des expériences précédentes :
Un cutter
De la superglue
Des mousses de rechange
Des filtres gris 1 diaf
Plusieurs filtres oranges
Des pochettes cristal et une boite d'archivage pour les polas
Un manchon
Des sacs plastiques noirs opaques
Un rouleau de gaffeur toilé
Divers feutres, stylos et crayons à papier
L'Ixus et son chargeur.
Le Godzilla

Mon sac contient aussi deux carnets de notes, le livre d'Elias Canetti "Les voix de Marrakech", celui de Mahi Binebine "Les étoiles de Sidi Moumen", nos brosses à dents, du dentifrice, du Nurofen, une culotte de rechange, ma pilule, des chewing-gum, du chocolat au gingembre, mes lunettes de soleil, le liquide des lentilles, un mini nécessaire de couture et ma trousse à maquillage.
En gros le kit nécessaire à notre survie si, comme ce ne serait pas exceptionnel, nos bagages se perdaient malencontreusement ici ou là. Par contre, je n'ai ni les billets, ni les vouchers, ni argent, ni papiers car, à partir de maintenant, c'est A. la tête pensante de notre couple, comme d'habitude.
Et pas de téléphones portables ; ça c'est le luxe complet.

Zut, j'ai oublié le deuxième porte-filtre au studio ! Trop tard.
5h. Le taxi attend devant la porte.

La grande nouvelle d'aujourd'hui, c'est que, pour la première fois, la police avertie de notre venue, nous attend et les films ne sont pas soumis aux Rayons-X. C'est un énorme soulagement de ne pas avoir à me battre.