Suite de la tentative de billet d'hier...

...interrompue par l'arrivée d'Eric Sinatora qui vient prendre un café avec nous avant le montage de l'exposition.
Pour revenir un peu en arrière dans le temps…ce week-end, le fameux stage Photoshop donné par Guillaume Fleureau à l'Espace St Cyprien.
17 heures pour tenter d'appréhender mieux, de dompter si possible, ce fichu incontournable logiciel.
Nous sommes huit, pas plus bêtes que d'autres et plein de bonne volonté.
Quant à Guillaume, c'est un magicien et comme prof, identique à lui-même, patient, doux et généreux.
Mais, bon, à huit, ce n'est pas un cours particulier non plus, il ne faut pas rêver, et 17 heures ne seront pas de trop.
Nous repartons chacun avec notre moisson, différente, certainement pour chacun, mais satisfaisante.
Pour ma part, le fossé qui me sépare de Guillaume ne s'est pas réduit d'un pouce et c'est très bien ainsi ; j'ai toujours préféré travailler avec des gens pour qui j'éprouve de l'admiration, je trouve que c'est plus enrichissant…
Tout de même, avec ce que je viens d'apprendre, j'ai de quoi m'amuser un bon moment !
Seul bémol, l'atelier est équipé en Mac et tous les stagiaires sont en PC chez eux ; nous perdons un temps fou à tenter de nous adapter, tous nos repaires nous manquent, une partie des raccourcis clavier aussi, nous avons l'impression d'être une bande de manchots…
...à suivre...

Résumé du stage à Saint Cyprien et montage de l'expo au GRAPh

Malgré mes résolutions d'être plus assidue cette année, au final, il semble que, plus mon actualité est riche et mes journées chargées, moins vous en voyez le reflet !

Exposition Marc Riboud

Hier après-midi, cours avec Sarah, comme il fait beau, je décide de partager la séance entre l'exposition Marc Riboud au Musée de la Vie Romantique et une prise de vue en extérieur.
C'est l'avantage d'avoir beaucoup d'heures par semaine, je peux à la fois enseigner la prise de vue, en studio ou en extérieur, le développement et aborder l'histoire de la photographie.
Le Musée de la Vie Romantique est décidément un endroit exquis, le rayon de soleil tiède de ce début d'après midi rajoute encore au charme de son petit jardin ; l'heure est aux glycines, aux pivoines, aux gazouillis d'oiseaux.
Maintenant que le salon de thé est fermé, les vielles dames et les enfants prennent, avec délices, possessions des chaises de jardins et forment un tableau fort charmant.
A l'intérieur, les photographies de Marc Riboud s'arrangent tout à fait de l'intimité des pièces, des grands murs lie de vin, des pompons et du palmier de l'atelier.
L'éclairage, un peu sourd, destinés à protéger des tirages, qui sont, pour la plupart, d'époque, ne gène en rien le plaisir de leur découverte, ou de leur redécouverte.
Chacun pensera ce qu'il veut de cette exposition et de ce travail ; pour ma part, c'est un photographe dont j'aime vraiment beaucoup le regard émerveillé et généreux, tendre, malicieux, qu'il pose sur le monde, l'élégance aussi.
Je ne m'étonne pas que Capa lui ait proposé de rentrer chez Magnum, tant l'air de famille m'apparait évident…même si, dans une interview d'Hervé Guibert (Le Monde. 1985) lui même disait plutôt "avoir tout apprit de Cartier-Bresson".
Seul petit bémol,les fameuses photos du Peintre de la Tour Eiffel et de la Jeune Fille à la Fleur (Washington 1967) ne sont pas exposées dans leurs versions les plus connues et, même si je suis heureuse de découvrir les autres versions, ça me laisse un petit regret.


© Marc Riboud 1953

En compensation, quelques lettres de Cartier-Bresson, pleine de vie. La centaine de tirages exposée me laisse encore un goût de trop peu tant le charme de ces instantanés agit ; je me consolerai en achetant un livre supplémentaire ou deux, malheureusement pas à la librairie du musée qui ne vend que le catalogue de l'exposition et quelques cartes postales...
Sur les tirages de 2008, la main tremble un peu pour la signature, mais l'oeil reste le même ; à 85 ans passés, Marc Riboud garde son émerveillement devant le monde intact,je trouve ça bouleversant et je nous souhaite, à tous, la même chose.

Des hauts et des bas

Finissons, à l'instant, l'accrochage de la Vente-Evénement qui commence demain au Showroom de Gaspard Yurkievich.
Après quinze jours non-stop, autant dire que je suis sur les genoux.
Hier soir, j'en pleurais de fatigue et de découragement, ce matin, j'envisageais de me laisser encore 3 ou 4 ans avant de m'arrêter, si les choses ne se mettaient à avancer de façon significative et puis, à midi, Jean-Pierre Haie, mon galeriste m'appelle pour me dire qu'il a vendu un des tirages de "Contes d'hiver", que je lui ai porté hier et que François Sage a choisi 3 images pour les amener à la foire de Cologne Art Cologne
Du coup, mon courage et ma confiance reviennent...

Où il sera enfin question ici de Robert Franck avec un peu de franchise

Ah, mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !
J'ai écris rapidement dans le billet du 10 avril que le travail de Robert Franck "ne me faisait pas grand chose" ; je pensais aux Américains, à la fin, on parle toujours des Américains, il me semble.
Je voulais dire que ces photos là ne me touchent pas.
Mais, pour ce qui est de dire que je ne m'y intéresse pas, alors là, je vous arrête tout de suite ; je trouve même que, proportionnellement à mon temps libre et au peu d'émotion qu'elles me procurent, ces photos, je m'y intéresse énormément !
Je suis allée voir l'expo au Jeu de Paume, j'en ai bien du mérite d'ailleurs, vu le peu d'envie que j'en avais... Enfin, on ne peut pas prétendre enseigner la photographie et zapper là dessus, au moins aller voir en vrai. J'ai poussé ma conscience jusqu'à amener une de mes élèves et lui faire le topo sur l'aspect novateur, le grand espace de liberté ouvert, le boitier à la hanche etc
Dieu m'est témoin, j'ai fait mon possible.
Au total, elle m'écoutait bien sagement, assez poliment, s'intéressait même, posait des questions, lisait, comme moi, les textes de présentation, mais n'était guère bouleversée non plus, je dois dire.
L'autocensure aidant, nous avons mis un certain temps à nous l'avouer l'une à l'autre.
Heureusement, elle a vingt ans ; il y avait là, au moins pour elle l'intérêt de toute découverte...
Nous vivons dans un monde bigrement formaté,non?! Je parle du milieu culturel parisien. Et, en ce moment, il est de bon ton d'aimer Robert Franck. De s'extasier devant Les Américains.
Faites l'expérience, sur votre moteur de recherche, à la place de Benzotriazol,tapez "Je n'aime pas le travail de Robert Franck", vous ne trouverez rien !
N'est ce pas extraordinaire, cette merveilleuse unanimité ?!
Je ne parle même pas des professionnels, qui se feraient tous couper un bras, plutôt que d'émettre le moindre bémol, je parle là du péquin moyen, de tout un chacun.
N'est ce pas légèrement troublant ?!
La dernière fois qu'on nous a raconté à quel point c'était formidable, c'était, me semble-t-il, l'an passé pour ''Millénium'', non?
Au point où j'en suis, je peux bien le dire, j'ai trouvé ça passablement ennuyeux et terriblement vide.
Déjà, quand j'étais photographe de théâtre pour la presse, il était impossible de dire qu'on n'aimait pas Molière, sans risquer le bûcher ; il fallait aimer Molière, Shakespeare et Tchekhov, la Sainte Trinité.
J'échangerais volontiers tout Molière pour la moitié de Lagarce et la moitié de Kroetz, suis je sotte pour autant?
Jackson Pollock a lui aussi, sûrement, ouvert un pan de liberté en ce qui concerne la peinture, je n'en disconviens pas, néanmoins chez Peggy Guggenheim, à Venise, l'hiver dernier, j'en baillais d'ennui.
La pression est telle, le consensus si parfait, que vous ne trouverez nulle part, même au fin fond d'un blog obscur, un inconnu moins bien renseigné, moins cultivé, moins briffé, s'étonner, dire que les tirages ne sont pas terribles. Et quand je dis pas terrible...
Nulle part.
Ce n'est pas touchant, ça ?
Moi, personnellement, ça me questionne, plutôt.
Mais, naturellement, à une expo de Robert Franck, tout le monde le sait, non seulement, il faut faire abstraction de la qualité des tirages pour ne regarder que les photos, ce qui est déjà un bel exercice en soi, pour le public lambda, je veux dire, mais encore les regarder en ne perdant pas de vue son bagage culturel, lequel replace naturellement l'artiste dans son contexte espace-temps et contient la petite notice indispensable nous expliquant combien nous devons aimer et nous réjouir, sous peine d'être complètement has been.

Zut, à la fin !

Comme la plupart des gens, qui sans oser le dire, n'aiment pas vraiment le travail de Robert Franck, qui est assimilé en général aux Américains, j'ai préféré certaines photos de ce qu'on appellera ici, pour faciliter la compréhension, les Parisiens (commencez à empiler les bûches), en particulier, un petit tas de chaises de jardin, fort délicat.
Dans l'ensemble, je n'ai pas aimé les tirages des Américains, j'avais dû oublier la notice, et tant pis, si c'est inavouable. Je reste surprise de la nouvelle édition de Delpire qui choisi de montrer des tirages riches d'une gamme de gris absolument absents de ceux de l'exposition ; devant tant de différence, je suis perdue, à quel moment dois je m'extasier, me réjouir ?
Les tirages de la MEP sont ils les bons, parfait, pourquoi ne servent ils pas aux reproductions du livre ? Existe-il ailleurs un jeu jugé plus digne de l'impression du livre, pourquoi ne pas nous les donner à voir ?
Et devons nous nous abstenir de toute réflexion là dessus ?
En conclusion, le livre de Delpire m'a donné plus de plaisir que l'expo que j'ai pourtant trouvée bien scénographiée, au contraire du livre sur les Parisiens dont l'impression m'a moins convaincue.



Et me voilà, maintenant, plongée dans ce recueil de 150 p. au bas mot, consacré au travail de Robert Franck, ah, mais comment pouvez vous dire que je ne m'y intéresse pas ?!
Quelqu'un aurait il cafté que j'ai cessé d'imprimer juste avant Pull My Daysy ?
Car, tout de même, lire sur un photographe dont le travail ne vous émeut pas, c'est une chose, lire la vie du même type après qu'il ait renoncé à la photographie, c'est encore une autre chose, et il ne faut rien exagérer, non plus !
A ce stade, je crains qu'aimer Jack Kerouac ne suffise pas à me racheter...

PS : A l'attention des petits futés qui sous-entendraient que je m'intéresse plus à l'auteur qu'au sujet, je réponds, l'Autre, n'est-il pas, en bien des cas, un merveilleux accès vers des mondes qui, jusque là, nous étaient scellés ?
Je crois que si.
Et je n'oublie pas ceux à qui je dois Chopin, Musset, le jazz et la photographie abstraite...

Je voudrais être un déssse indienne...

...à plusieurs bras ; ce serait formidable.
En regardant sur les images, on en voit même qui ont plusieurs bras ET plusieurs têtes ; ce qui serait encore mieux, c'est sûr !



Je pourrais contacter les rédactions par téléphone et par mail en même temps, tout en écrivant un petit mot sur chaque carton d'invitation, j'aurais plusieurs langues pour coller les timbres. Avec une tête libre, je pourrais, enfin, attaque ma lecture du texte de De Jonckheere sur Robert Franck, qui va finir tout froissé, s'il continue à me suivre partout au fond de mon sac...le livre, je veux dire...
Avec une autre, je pourrais écrire un autre billet pour me justifier de lire ce texte, alors que, moi, le travail de Robert Franck, je l'ai assez dit et redit en privé et même si ce n'est pas très tendance, il me faut bien l'avouer enfin ici, ça ne me fait pas grand chose !

Seul problème, je ne pourrais pas être sur mon balcon à surveiller les cyanotypes et, au labo, en train de finir de tirer "Conte d'hiver", vu que, malheureusement, toutes les têtes sont sur le même tronc, preuve que même les déesses indiennes ont leurs limites.

Une semaine avant la vente-événement organisée par STUDIO*** et trois semaines avant l'accrochage du diptyque sur le camp de concentration de Rivesaltes au GRAPH de Carcassonnes, entre les cours et les portraits qui ne s'arrêtent pas pour autant, c'est passé de la folie douce à de la folie furieuse.
Je ne sais pas si, le pire, ce sont toutes ces choses qu'il ne faut pas oublier de faire et qui encombrent la tête, ou ne pas avoir un seul instant à soi, du lever au coucher...
Et, la photographie, dans tout ça?
Le plus long, le plus pénible, parce que le plus loin de moi, c'est la com., ça n'en finit jamais.
Promis-juré, la saison prochaine, je me trouve un/une petit stagiaire pour s'en occuper, c'est trop de temps perdu, ça rend fou.



Heureusement, les soutiens affluent, sous des formes diverses et variées...Sarah arrive à son cours d'aujourd'hui avec du thé revitalisant..adorable et perspicace attention...

Un soleil sur la toile

Fin de journée, fin de semaine.
Passé le week-end au labo à tirer, ou à retirer, en vue de la vente privée des 18 et 19.
Passé les deux jours donc à piétiner dans le noir ; ce soir mal au dos, mal aux pieds, mal aux yeux à cause des lentilles.
Je n'aime pas beaucoup ces marathons photographiques qui ne laissent aucune place à la rêverie, ni à la créativité.
Tout de même, je n'ose pas me plaindre de ce temps volé à l'alimentaire !
Je profite de l'heure de rinçage pour écrire ce petit billet...puisqu'aussi bien, je suis coincée au studio à attendre que ça finisse.
J'ai presque fini "Conte d'hiver", la petite série faite à Budapest et je constate avec plaisir qu'elle prend joliment tournure.
Cet après midi, j'ai enfin pris quelques instant pour tester les deux papiers improbables que j'avais achetés en Hongrie. Je rappelle qu'il s'agit de deux sorte de Forte, à grade fixe. Le "Grain de soie" s'avère en très bon état mais je suis très déçue par sa texture, plutôt brillante, genre "toilée" dont je ne vois pas très bien l'usage que je peux en faire. L'autre, celui de la fameuse pochette jaune, un semi-mat à grain fin, me convient davantage, mais il est, comme je le craignais, un peu voilé. C'est mon premier papier voilé ; autant dire que les blancs sont gris ciel de Paris.



Heureusement, mon pote photographe Michaël Duperrin, avec qui j'évoquais cette éventualité, lors d'un diner bien agréable, il y a déjà une quinzaine de jours, m'a conseillé d'utiliser du benzotriazol.
Manquait que ça sur mes étagères !
J'avais déjà du carbonate et du ferricyanure de potassium, de citrate de fer vert amoniacal et plein d'autre petits pots et flacons onéreux aux noms chantants, mais pour le benzotriazol, zut, faut que je fonce encore que je fonce chez Prophot.
Mon chouchou et grand copain Renato n'est pas là, vu qu'il passe ses journées à la maternité, depuis le début de la semaine, à s'émerveiller sur son adorable gamine, la petite Lily-Rose !
Du coup, il faut bien avouer, que le niveau des vendeurs, chez Prophot, c'est plus ce que ça à été ! Il faut savoir à quoi sert ce qu'on est venu chercher et comment on s'en sert, voire s'être assuré avant qu'ils l'ont en stock et insister une fois là-bas pour qu'on vous le trouve. Gentils au demeurant...
Bref, je rentre avec mon nouveau petit pot, et basta, pas de mode d'emploi.
L'avantage de vivre avec un toy-boy, à mon âge, c'est que j'ai acquis le réflexe internet ; quand je ne sais pas, maintenant je file sur internet.
Donc, je tape "combien de benzotriazol dans mes deux litres de révélateur?" et là, BINGO !
Je tombe sur le "Blog du Désordre" de Philippe DE Jonckheere.
J'en reste bouche bée. Oublié le benzomachin et les tirages qui attendent. Epatée, je suis. Tellement, que je me décide à lui faire un petit mot pour lui dire. C'est pas souvent que ça me fait cet effet là. Je me dis ,qui c'est, ce type incroyable, avec cette énergie, cette intelligence, cette culture, ce talent, cette sensibilité? Aussi bien, c'est un mythe, au fond, ils sont plusieurs?!
Comment fait il pour avoir le temps d'écrire chaque jour des choses que je n'ai pas le temps de LIRE !
Epatée, enchantée, je vous dis.
Avec ça, bien sûr, il prend le temps de me répondre! Et je sais bientôt tout sur Benzo...enfin, presque...toujours pas la quantité à rajouter dans le révélateur...mais qu'importe au fond, hein?!
De toutes manières, je n'avais le temps pour des tests ces jours ci...

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