Patience et longueur de temps



Gomme bichromatée (6 couches) sur cyanotype.
Format 13x18.
2 jours de boulot.

Naturellement c'est plus beau "en vrai".

Mais quand même, pourquoi je me lance toujours dans des trucs pareils ?
Alors qu'avec un bon téléphone et 30 secondes devant soi...

Cadeau de Saint Valentin

A. et moi, nous allons nous faire tirer le portrait par Isa Marcelli au Centre Iris - à quoi on voit que nous sommes bons joueurs avec la concurrence.
C'est à la fois l'idée de l'ambrotype et d'un portrait de nous avec une technique si ancienne et quelques photographies très poétiques d'Isa Marcelli que j'avais appréciées sur son site qui nous nous ont décidés.

20 mn étaient à peu près le temps imparti à chacun pour ces séances photos qui s'enchainaient toute la journée - à quoi l'on voit que si la technique est restée la même, le rapport au temps, lui, a bien changé et que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle.

Naturellement, quand j'arrive la photographe en moi est bien éveillée, ma curiosité aussi ; la forte odeur d'éther qui règne fait très lecture de Colette mais c'est bien tout car pour le reste c'est une petite ruche active.
Fond de lin sable, chambre 20x25 rutilante et double série de lampe à UV, le matériel fait un amusant contraste avec le procédé.
Je regarde avec intérêt les portraits des gens qui nous ont précédés qui sèchent au bord de la fenêtre.
Jeune beauté créole au épaules dénudée ou famille légèrement rigide, on se croirait projeté 100 ans en arrière, un couple gay enlacé torses nus nous démontre tout à coup le contraire.
J'ai pris le temps d'aller voir l'exposition au sous-sol et je fais avec plaisir, quoique brièvement, la connaissance d'Isa Marcelli ; je reconnais la tension, la pression dues au timing à respecter quand il a été prévu très très juste.
Tandis que nous prenons la pose et qu'elle fait le point, sa fille ainée prépare le négatif-verre au collodion humide.
La tête sous le drap noir, ultime vérification.
Elle compte jusqu'à dix, nous nous concentrons pour rester immobile.
Le petit oiseau sort.
Voilà, c'est terminé.


© Isa Marcelli 2012

Ensuite le miracle de l'image qui apparait, suivi d'un mystère pour moi lorsqu'elle disparait avant de réapparaitre en positif.
Isa Marcelli s'excuse, c'est au suivant.
Nous repartons amusés de l'expérience et plutôt contents d'une photographie où nous nous reconnaissons à peine, où nous pourrions être d'autres photographiés en un autre temps mais qui nous ressemble justement dans le choix que nous en avons fait.
Mais je mentirais en disant que je suis sortie de là bluffée ; en tant que photographe, c'est un peu dur à dire, je ne suis pas dupe et je fais clairement la différence entre le charme inhérent à une technique et aujourd'hui atypique et l'implication, voire le talent réel de celui ou celle qui est derrière l'objectif.

Premier indice

Pour ceux qui suivent, un premier indice :
Suivant des conseils éclairés, j'achète Le Chrysanthème et le sabre de Ruth Benecdict.



C'est un début comme un autre.

Week-end avec la Comtesse sur la Côte d'Azur


© A.

Certains jours, je suis bien heureuse d'oublier un peu que je suis une professionnelle de la photographie et de pouvoir jouer avec mes petits camarades sans arrière-pensée.

Donc, cette fois ci un grand merci à Jean-François pour son inventivité gaie et généreuse et pour m'avoir permis d'étrenner son Zeiss Ikon Comtessa à l'occasion de ce petit séjour niçois programmé de longue date pour le décrochage de l'exposition d'Une femme française en Orient, dont j'attendais repos et dépaysement et qui, au final, s'est avéré à moitié solitaire et complétement pluvieux.



Les moments les plus agréables ayant été ceux consacrés à la recherche de mes 4 photos (c'est peu) puis aux 4 photos d'A.

Les lecteurs intéressés découvriront certainement le suite de cette petite aventure amicale dans des billets ultérieurs.
Pour l'heure la Comtesse est dans les bras d'Enrico V..

Le Matin - Nouvel article sur Égyptopédie

Connaissant l'influence de la presse, comme on imagine, je découvre avec grand plaisir l'article que consacre la journaliste Afaf Sakhi à Égyptopédie dans le fameux quotidien marocain Le Matin :



Égyptopédie
Photographies de Denis Dailleux, Flore et Scarlett Coten
Galerie 127
127, avenue Mohammed V
Guéliz - Marrakech

Prolongation jusqu'au 18 février 2012

Mon petit bonheur du jour


© Enrico Vietti 2011 - Atelier L'Oeil de l'Esprit

J'aime ces images qui peuvent sembler simples au premier abord mais ne disent ni où ni quand ni pourquoi et, gardant leur léger voile de mystère, laissent intacte la part du rêve.

Enrico Vietti participera à la neuvième exposition de 24Photography ** en février à Londres

** L'idée est simple : 24 photographes, documentant les 24 premières heures de chaque nouvelle année pendant 24 ans.
Chaque participant dispose d’une heure précise pour capter sa vision de ce premier jour de l’année, créant une collection unique d'images reliées entre elles par le temps.
Six tirages parmi les vingt-quatre seront vendus aux enchères au profit de Too Many Women, une œuvre caritative agissant pour la recherche contre le cancer du sein.

Kodak en faillite

C'est vrai qu'on en entendait parler depuis quelques temps mais le billet de Spei me laisse comme fauchée.
Qu'allons nous devenir, nous les amateurs de la mythique Tri-X ?



Encore une fois réduits à acheter en gros et à faire des stocks ?
Faire un peu de place dans nos frigidaires déjà remplis de polas, 160NC et autres Fuji 1600 pour accueillir les nouvelles arrivantes ?

Certains jours, je vois mes nouveaux élèves, Julien, Nicolas, 18 ans, 19 ans, la génération montante pleine de poésie, d'enthousiasme et de talent et je me dis que non l'argentique n'est pas moribond comme on me le répète à longueur de diners en ville.
D'autres fois, comme aujourd'hui, j'éprouve autant de peine qu'à la mort de Joe Strummer et l'impression que l'étau se resserre.

Bientôt le numérique ne serait plus une possibilité mais LA voie unique ?
Mais si nous nous ne voulons pas être des moutons ?
Si leur pseudo progrès nous laisse légèrement de marbre par moment et même dubitatifs à d'autres.

Et si nous ne voulions pas être formatés ?

Fragile

A certains moments - avez-vous remarqué ? - la peur et la mort semblent se rapprocher d'un bond et rôder à vos côtés comme d'effrayantes compagnes dans la nuit.
Parfois, il fait jour pourtant.
La photographie vous apparait alors un pauvre bouclier de papier japonais.



Le bouclier du jour

Prolongation d'Egyptopédie à la Galerie 127

Une bonne nouvelle en ce mois de janvier plus laborieux qu'excitant : devant le succès rencontré, Nathalie Locatelli décide de prolonger l'exposition jusqu'au 18 février.
Voilà un prétexte tout trouvé pour ceux qui seraient tentés de filer au soleil.
25° à Marrakech et 7° à Paris ces jours derniers ; moi-même, j'hésite à planter tout là.

Égyptopédie
Photographies de Denis Dailleux, Flore et Scarlett Coten
Galerie 127
127, avenue Mohammed V
Guéliz - Marrakech

Jusqu'au 18 février 2012

Tina Modotti - Après la BD, la bio*

Donc - *voir les épisodes précédents - je mets à profit mon célibat forcé pour terminer en deux jours la biographie de Tina Modotti par Pino Cacucci.
Parue en 1993 chez Belfond, je n'ai eu aucun mal à me la procurer d'occasion à un prix raisonnable.



Disons pour commencer qu'après la lecture de ces deux ouvrages, s'il me reste encore quelques zones d'incompréhension quant au caractère et aux motivations de la dame, mes connaissances des luttes internes au sein du PCM (traduire Parti Communiste Mexicain), elles, ont fait un sacré bond en avant.

Pour ma part, j'ai préféré, sinon la lecture, du moins le contenu de la biographie, moins exalté, moins romantique mais qui inscrit en grandes lignes, parfois particulièrement éclairantes, la vie de Tina Modoti dans le contexte d'un stalinisme dont apparemment elle ne peut être dissociée.
Qu'au total l'ensemble ne soit ni particulièrement attachant ni réjouissant, j'en conviens volontiers. C'est une lecture qui peut laisser un goût un peu amer dans la bouche et qui ôte toute l'idée de glamour qui pourrait être vaguement associée à la photographe des Roses - Mexico, muse nue et solaire d'Edward Weston.


Roses - Mexico © Tina Modotti

Pour autant et malgré le plaisir que j'ai pris à la lecture de la belle BD d'Angel de la Calle, j'ai préféré cette biographie parce que j'y ai plus appris.

Deux petits bémols malgré tout, le livre est vraiment assez moche, autant l'impression des photographies que le papier et il n'y a aucune bibliographie, l'auteur ne citant pas non plus ses sources en fin d'ouvrage.

Il existe apparemment au moins une autre BD L'impertinence d'un été de Pellejero et Denis Lapière ainsi qu'une poignée de biographies dont Tina Modotti : Between Art and Révolution, Yale Univerty Press, Londres 2003 de Letizia Argenteri, la dernière parue mais dont je n'ai pas trouvé de traduction en français.
Attention toutefois, les deux couvertures sont à peu près identiques.

Heureuse Année 2012



A. et moi, nous vous souhaitons une heureuse année.
Que 2012 soit traversée tout du long par un souffle de folle liberté.

La dernière bonne nouvelle de l'année

Il vient de paraitre dans le magazine "Aujourd'hui le Maroc" l'entretien que j'ai eu avec Salima Guisser à l'occasion de l'exposition Égyptologie à la Galerie 127 de Marrakech où j'expose un extrait de ma série "Sabah el Nour" au coté de Scarlett Coten et Denis Dailleux...

Tandis qu'A. skie

Je profite d'une journée exceptionnelle en ces périodes de fêtes - je veux dire une journée de merveilleuse solitude - pour m'offrir ces menus cadeaux si précieux que le meilleur Père Noël peine année après année à mettre dans mes petits souliers.

- Une grasse matinée éhontée dont le plaisir coupable est démultiplié par la cloche de l'église qui me renseigne sur les heures qui passent.
- Une si longue lettre à Sandra en réponse à son mail amical que l'enveloppe en est toute gonflée ; je ferai tout à l'heure la ballade jusqu'à la poste du village.
- De petites images aquarellées, parfaitement inutiles, comme si je n'étais pas si terriblement une photographe professionnelle, comme si j'avais soudain la vie devant moi avec pour seule contrainte la douce lumière du soir lorsqu'elle ne suffira plus.



- Dans la foulée, me peindre les ongles des pieds avec le Rouge Fatal de Chanel.
- De fatal à fatale, il n'y a qu'un pas, dévorer d'une traite la moitié de la vie de la ravissante photographe Tina Modotti en sautant - comble de luxe - l'heure du déjeuner.


Tina Modotti - Bande dessinée d'Angel de la Calle chez Vertige Graphic

- Laisser filer tout le cd de Diana Krall dédié à Nat King Cole pelotonnée dans un fauteuil, un plaid sur les genoux en ignorant avec insolence le téléphone qui sonne.

Journée délicieuse.

D'aucun me rétorqueront - et ils auront raison - que je ferai moins ma maline en janvier durant mes trois semaines de célibat forcé tandis qu'A. sera en montage dans le sud de la France pour le nouveau documentaire de Jean-Michel Vecchiet consacré, si j'ai bien compris, à l'influence du Hip-Hop sur le Printemps arabe (affaire à suivre).

Une fois n'est pas coutume, en flânant plus tard sur internet, je tombe justement sur cette page consacrée à Tina Modotti à la lecture de laquelle je vous invite chaleureusement.

Juste avant les vacances



Une journée avec Marie-Noëlle Leroy

Alors hier c'était jour de fête ; je vais passer la journée chez Marie-Noêlle Leroy à faire de la gomme bichromatée.
Ceux qui pratiquent la gomme savent qu'il faut bien la journée pour jouer un peu !

Je monte vers la butte en fredonnant avec mon panier de déjeuner sous le bras, les brioches à la praline pour le café, le pain frais, les macarons aux citrons, de quoi soutenir un siège et que nous n'ayons pas à sortir si la séance s'éternisait.
J'ai la part d'organisation la plus facile, Marie-Noëlle s'étant vraiment occupée de tout, choix, rinçage et gélatinage des papiers, achat de la gomme, des pinceaux, des brosses et des pigments - bref tout - avec le même enthousiasme, la même passion intacte que d'habitude
Je porte juste - pour le plaisir - ma petite brosse large en poils de martre, si douce, et quelques couleurs d'aquarelle dont un gris de Payne que m'a fait connaître ma mère et que j'aime particulièrement.


Petit matériel.

Disons pour être tout à fait honnêtes que nous avons bu une tasse de café frais en échangeant les dernières nouvelles et pris une pause d'une demi-heure pour déjeuner mais ensuite grosso modo nous avons travaillé sans interruption de 11h à 20h.


Dépouillement de la cinquième couche.

Pour ma part, j'ai sorti 3 tirages finis - des 13x18 - et 2 pour lesquels il reste bien un petite heure de travail.
Comme me faisait remarquer judicieusement ma camarade de jeu tandis que je manifestais un peu d'impatience " Chère, je crois que nous n'avons plus le même rapport au temps que les dix-neuvièmistes."

De fait, là encore, il vaut mieux mieux prendre son plaisir à faire les choses qu'à obtenir des résultats.

Mais bon, c'est pas nouveau, hein ?!


De retour à la maison, séchage après une couche supplémentaire.

Le Soir parle d'Égyptopédie



Bel article paru hier dans Le Soir à propos de nos travaux respectifs - à Scarlett Coten, Denis Dailleux et moi-même - montrés par la Galerie 127 de Marrakech à l'occasion de l'exposition Égyptopédie.
Connaissant l'influence de la presse, on ne peut que se réjouir...

Égyptopédie
Photographies de Denis Dailleux, Flore et Scarlett Coten

Galerie 127
127, avenue Mohammed V
Guéliz - Marrakech
Exposition du 29 novembre 2011 au 15 janvier 2012

Mon petit bonheur du jour

Noël avant Noël, entre café et croissants, A. m'offre ce matin un nouveau 50mm pour l'agrandisseur, un Rodenstock-Rodagon dont j'avais envie depuis longtemps.
Mignonne, je partage mon nouveau joujou avec Nicolas L. durant son cours de chambre noire.
La vie va, en rangeant le Nikon dans sa boite, je ne peux pas me défendre d'un pincement au cÅ“ur car c'est ma toute première optique ; je l'ai reçue en cadeau pour mes 14 ans et elle a été une compagne fidèle toutes ces années.

En plus d'apprendre la photographie argentique, à 18 ans, Nicolas L. lit de la poésie.
Comment résister, hein ?!

Ensuite les vacances et Noël

Pour ma part, je suis entrée dans la période des derniers et dernières.
Le temps est arrivé des derniers cours avec l'une ou avec l'autre, des cadeaux et des chocolats avant de nous séparer jusqu'à l'année prochaine.
Ce ne sont pas les grands adieux des vacances d'été mais plutôt de ces petits adieux qui sont prétextes à se témoigner attention et affection.
Le week- end passé fût aussi pour A. et moi la dernière nuit de camping au labo - enfin, j'espère - avant Noël ; derniers tirages à finaliser pour le charmant couple d'acheteurs londoniens de Fotofever et tant qu'à y être je ne résiste pas à prendre un peu de temps pour jouer un peu (quelques tirages Van Dyke à but non commerciaux, si j'ose dire).
Vendredi soir, ce sera dernier diner avec le collectif ce qui pour une fois rimera mieux avec festif qu'avec travail et tout au long de la semaine dernière liste de choses à ne surtout pas oublier de faire.

Avec ça, les jours qui ne cessent de raccourcir...
Vivement l'année prochaine, les nouveaux projets, les nouvelles aventures, les nouveaux rêves !

"Egyptopédie" à la Galerie 127 de Marrakech

Exposition "Egyptopédie" avec des photographies de FLORE, Scarlett Coten, Denis Dailleux et Sarah Moon.


© A. - L'accrochage


© A. - Juste avant le vernissage


© A. - Le vernissage

Mon petit bonheur du jour


© Ingrid Milhaud / Atelier L'Oeil de l'Esprit 2011

Je regrette de n'avoir pas une seconde de plus aujourd'hui pour parler de cette jeune femme, de son travail, ni de notre rencontre.
Bientôt, j'y reviendrai sans doute.