Jour J - 6

Rien que de très classique.
La course avant le départ et la multiplication des activités et obligations au fur et à mesure que le temps s'amenuise.
Donc, bien que ce soit dimanche et que nous nous soyons couchés fort tard, occupés que nous étions samedi soir à refaire le monde à la maison avec Mateo, l'ami de A. le réveil sonne à l'aube et sitôt le café avalé, nous voilà au studio.
Il s'agit d'essayer de finir les ferri et les sélénium des derniers tirages de Budapest que j'ai promis à Jean-Pierre Haie avant mon départ.
Le temps passe à toute vitesse et quand l'heure arrive de partir, la moitié des images est encore dans le fixateur et l'autre en train de rincer.
Formidable !
Je sors le tout sans état d'âme et nous filons. A. me jette devant la maison où j'arrive à peine à temps pour ouvrir à Catherine et Philippe T. venus prendre le café avec nous et regarder mon travail.
Catherine et moi avons bien failli mener ensemble un projet photographique en rapport avec le Petit Palais, mais malgré notre envie à toutes les deux ce projet est tombé à l'eau ; nous en avons gardé une sympathie mutuelle qui ne demande qu'à s'épanouir.
Du coup, je lui parle de la Grande Lessive en lui proposant de se joindre à l'évènement.
16h. A ma grande honte, il me faut couper court, nous abandonnons les tirages de Sabah el Nour en travers du salon et après des adieux brusqués, nous filons à l'autre bout de Paris, assister à une lecture organisée à la Librairie Photographique.
Je ne sais pas encore qu'elle a trait a un livre que je viens de terminer, mais de toutes manières ce qu'est pas très important car nous y allons plutôt pour le plaisir d'y retrouver mon pote le photographe Christian Mc Manus, de lui montrer le petit catalogue que L'Oeil vient de réaliser pour accompagner la série "Je me souviens de vous", lui demander son avis et collecter le tirage qu'il prête pour la grande lessive ainsi que ceux d'Andréa Vamos et d'Hector Holguin.
Encore une fois nous sommes tellement juste que A. me laisse devant l'entrée et part garer la voiture.


Andréa et Christian attendant le début de la lecture

Nous passons là un agréable moment, même si dire Duras n'est visiblement pas à la portée de tout le monde.
Sitôt fini, nous filons prendre un verre dans un bistrot tranquille avec nos camarades à qui nous voulons soumettre le catalogue. Nous recueillons encore quelques des avis constructifs et quelques corrections sur des coquilles qui nous avaient échappées ; on est visiblement plus fort à cinq !

en cours

En attendant Sarah...

...nous continuons nos préparatifs...
Pénible nouvelle aujourd'hui : Kodack aurait arrêté la fabrication de la Tri-X 320.
Voilà qui expliquerait assez simplement la rupture de stock chez Photostock que j'évoquais précédemment.
Il me semble que nous pourrons bientôt tous prendre le deuil et ne plus le quitter !


© Sarah F. Valente

Arrivée de Sarah avec sous le bras son dossier duquel elle me laisse gentiment soustraire les deux études ci dessus.
J'aime particulièrement ces deux images auxquelles je n'ai absolument pas participé et qui m'arrivent ainsi, finies, inconnues et assez mystérieuses, au milieu d'autres que je connais déjà fort bien.

Petits instants de poésie



L'atelier photographique s'étant enrichi d'un nouvel élève, j'ai le plaisir de passer une partie de mon après-midi en compagnie d'Olivier.
Il y a ainsi de petits moments de grâce et de gaité qui donnent du cœur à l'ouvrage.

Peu importe alors de devoir aussi affronter, ici et là, manières procédurières et comportements mesquins...

Tandis que ça rince...

...et bien que le téléphone, que j'avais coupé tout l'après-midi pour pouvoir enfin travailler un peu, se soit remis à sonner avec une pénible régularité, une fois n'est pas coutume, quelques nouvelles fraîches pour la poignée de lecteur que mon irrégularité n'est pas parvenue à décourager tout à fait.
En vrac.
Maroc - Jour J moins 12
A. et moi, nous finissons par nous réveiller et faire face à l'inévitable liste de détails techniques à régler avant notre départ : films à acheter, autorisation à obtenir, planning des cours de l'Atelier Photographique de L'Oeil de l'Esprit à finaliser, tirages à rendre à la galerie ; toutes choses pour lesquelles nous aurions beaucoup gagné à réagir plus tôt.
Nous avons pris ces billets il y a si longtemps que notre excitation de partir a été finalement vaincue par le quotidien parisien et, aujourd'hui, nous avons bien du mal à réaliser que dimanche en huit, nous serons dans l'avion.
A ceux qui suivent de près ou de loin, je rappelle que nous ne partons pas en vacances mais bien dans l'idée de ramener quelques nouvelles photographies à ajouter à la série Une Femme Française en Orient.
Bien que notre séjour soit très court, 12 jours à peine, j'espère travailler suffisamment bien pour avoir quelque chose à montrer lors de l'exposition que Jean-Pierre Haie, mon galeriste, organise début mai ; non pas que ce soit absolument nécessaire, car nous avons, en plus de l'Egypte, une vingtaine d'images qui n'ont jamais été montrées, mais parce que je trouve assez tentant et motivant de mettre au mur des images qui viennent d'être faites.
J'ai si bien travaillé à Séville en décembre que j'envisage de partir avec une cinquantaine de films afin de ne pas risquer d'être à court.
Je parle de films en N&B, de Tri-X exactement.
A. se charge de donner ici et là quelques coups de fil pour nous les trouver au meilleur prix.
Photostock avait l'air plutôt compétitif, mais ils n'ont pas de 320 jusqu'à fin mars...tant pis, il faudra se rabattre ailleurs...

en cours...

Stage Photo - Initiation à la lumière de studio 2

Voila le nouveau stage organisé par le Collectif L'Oeil de l'Esprit.
Il aura lieu le samedi 27 et dimanche 28 mars et il est le deuxième d'une série de 5 consacrés à l'initiation à la lumière de studio appliquée au portrait.
En noir et blanc, en argentique et en lumière continue !
Il s'agira de petits modules de deux heures pour deux élèves seulement ; nous conservons ainsi l'idée du cours particulier à laquelle je tiens.
Il est évidemment ouvert aux débutants.


© Arnaud Joly

Ce stage est ouvert à tous. Clôture des inscription le 10 mars, il reste quelques places.

TÉLÉCHARGER LE DOSSIER COMPLET

Retrouvé...

Encore un lundi gris sur Paris

C'est un plaisir de retrouver le labo après que Pascal* s'en soit servi ; il est toujours merveilleusement propre.
On sent le soin qui a été apporté au rangement, comme une attention particulière qui serait adressée à celui qui va venir après.
Du coup, lorsque c'est moi qui ai cette chance, en arrivant j'ai toujours une petite pensée de reconnaissance.
Il faut me comprendre, depuis le début de l'année, nous sommes quatre à utiliser mon lieu et ce n'est pas non plus complètement anodin si l'on songe que j'y ai travaillé toute seule ces dix dernières années.
Donc, ce matin, j'ai le plaisir de trouver mon labo plus propre et accueillant que la maison que je viens de quitter, ce n'est pas rien ça.
Il faut dire que ça a été aussi un week-end bricolage et que le travail en train encombre encore le salon.
Voilà des semaines que je me dis qu'il nous faut de nouvelles clayettes pour faire face aux tirages multiples qui sont maintenant produits ici, mais toujours le temps manquait ou l'énergie ou la motivation. Sait on toujours ce qui manque ?!
Et voilà, j'ai le plaisir d'annoncer au lecteur passionné que d'ici peu nous pourrons mettre à sécher une production photographique quasi stakhanoviste, c'est pas formidable ça ?
Et à ceux qui se demandent comment, diable, je me suis débrouillée pour ne pas avoir le temps de finir ce bricolage somme toute assez modeste, je dirai qu'étant en train de peiner sur la réécriture de mes carnets de voyage d'Egypte, laquelle réécriture se doit d'être finie mi-mars, j'ai malheureusement dû me partager un peu.
Et encore heureux que ma recette de rouelle de porc au miel mijote toute seule, sinon c'était encore un coup "traiteur chinois" à tous les repas.


  • Le photographe Pascal Montary

Matinée fructueuse !

Quand on n'y croyait plus...

Deux évènements, ces jours derniers, qui redonnent formidablement espoir !
Le premier, qui est aussi le dernier chronologiquement mais pas le moindre dans mon coeur et sur lequel j'aurai largement le temps de revenir ces jours et même ces mois prochains :
Ô joie extrème, ô soulagement infini, L'Oeil de l'Esprit a enfin trouvé deux profs selon ses espérances...qui n'étaient pas petites, j'en conviens...nous reparlerons bientôt ici même de ces perles rares
Le deuxième, qui ne touche que moi, mais finalement par retombée vous aussi lecteurs assidus ou épisodiques :
Alors que tentée par la mise en hibernation du blog de Jean-François, fort envieuse, je m'apprêtais à abandonner lâchement Intime-Public à son triste sort et que j'avais à peu près renoncé à y écrire, découragée, disons plutôt démotivée par ce qui me semble être les limites de la liberté d'expression d'un support qui s'avère finalement plus Public qu' Intime et par la qualité et/ou la quantité de retour, là où j'avais, je l'avoue escompté davantage d'échanges photographiques quand un soir je reçois un mail d'un inconnu qui prend la peine de m'écrire ce qui ressemble à une longue lettre pour me dire qu'à me lire, l'envie lui est revenue, comme plus impérieuse, de reprendre une activité artistique, la photographie en l'occurrence.
Je ne saurais dire à quel point la lecture de ce message, qui justifiait toute l'énergie et tous les espoirs que j'avais mis dans ce blog, était émouvante et réconfortante.
Que l'auteur en soit ici remercié.

Qui croirait que c'est si difficile ?

L'Oeil de l'Esprit est toujours à la recherche d'un nouveau prof...et par conséquent moi aussi...
Dur d'imaginer qu'il y a sur la place de Paris plus de de personnes intéressées à apprendre la photographie argentique que de photographes capables et/ou désireux de l'enseigner
Avec le chômage qui règne, c'est bon de savoir que notre profession n'est pas touchée !
Mais, à titre personnel, je me désespère un peu...c'est ma petite quête du Graal de ces jours derniers...soyons optimistes, parions que tout le monde n'est pas passé en numérique et en couleurs et que mes prochains rendez vous vont être plus fructueux...
Pour le reste et avec le peu de temps dont le dispose, Séville toujours.
Mais comme j'ai bon espoir d'avoir fini de tirer cet Orient andalou bientôt, nous venons de prendre des billets pour le Maroc.
Et j'ai déjà commencé à rêver.

Triana


Ombre andalouse - Triana 2009

Voilà qui me parait résumer la question

Tandis que L'Oeil de l'Esprit continue de rechercher ce qui m'apparait avec le temps comme la perle rare, à savoir un nouveau prof pour me seconder à la rentrée de Janvier et que chaque jour, les mails succèdant aux appels téléphoniques, coule le petit filet ininterrompu des photographes de mariages, d'événementiels, de ceux qui n'ont pas saisi que L'Oeil enseigne essentiellement l'argentique ou de ceux qui ne parviennent pas à comprendre ce que les expressions courantes "travail personnel" ou "auteur-créateur" veulent dire, alors que la tentation du découragement me guette à force d'entendre A. me dire que je cherche le mouton à cinq pattes, que nous ne trouverons jamais et je devrai "me contenter", la vilaine expression, je tombe sur cette phrase magnifique de Montaigne :
Enseigner, ce n'est pas emplir un vase, c'est allumer un feu.

Dès lors, comment se "contenter" ?!

Sous le sapin

Entre chiffons de soie et boa de fourrure qui réjouissent mon cœur de femme frivole, le Père Noël, cette année, laisse à mon intention Black Passport de Stanley Greene, livre, à mon sens, magnifique dans sa forme et passionnant quant au fond..


Editions Textuel Nov. 2009

C'est à Nathalie Lopparelli que je dois d'avoir découvert les images de ce photographe de guerre atypique ; j'avais tout de suite été empoignée au cÅ“ur par son travail âpre et sans concessions, ses noirs de deuil.
Depuis, je continue de suivre son actualité avec grand intérêt.
La sortie du Photopoche qui lui est consacrée m'avait réjouie pour lui comme une marque de reconnaissance supplémentaire mais je ne l'avais pas acheté parce que la qualité des reproductions et le trop petit format de l'édition ne me rendait guère l'émotion que j'avais pu avoir devant certains tirages.
Avec Black Passport, c'est autre chose...
Attention, ce serait mentir de dire que ce livre éclairera vos longues soirées d'hiver...ou armez vous de marrons glacés consolateurs.

Ceux qui aiment Eugene Smith retrouveront chez son ancien assistant devenu un de ses fils spirituels, ses noirs, qui ne sont pas les noirs de lumière de Matisse, loin s'en faut, mais des noirs de souffrance.

Toulouse, ô Toulouse

Arrivée ce matin à l'aube dans la Ville Rose, par le train de nuit.
Épuisée !
Heureusement que le montage de l'expo n'est que pour lundi...

Départ des caisses d'expo pour Toulouse

Nous avons dormi au bureau cette nuit avec A. non seulement pour finir le projet de stage, mais aussi pour descendre ce matin les trois caisses où sont les oeuvres qui partent pour L'Espace Saint Cyprien, histoire qu'elles ne passent pas la nuit dans le hall de l'immeuble.
On m'avait promis que les transporteurs seraient deux et donc je n'ai prévu personne, mais naturellement il est seul et je dois, comme d'habitude, l'aider à les charger jusqu'au camion ; l'homme est gentil, mais les caisses sont lourdes et je ne peux pas m'empêcher de me demander comment je ferai dans dix ans... Les joies de la vie d'artiste, j'imagine.

Stage photo - Initiation à la lumière de studio 1

Encore un week-end studieux qui s'achève en apothéose sur les futons du bureau.
A. et moi, finissons de mettre sur pied le stage photo organisé par le Collectif L'Oeil de l'Esprit.
Après des heures et des heures à peaufiner un projet pédagogique, à trouver le maître de stage et à corriger les fautes de frappe, voilà, c'est bouclé ; je regarde en baillant d'épuisement et de satisfaction partir le mail qui l'annonce !
On ne croirait pas que ce puisse être si long, si "prise de tête" et, si nous n'avions pas conçu plusieurs niveaux de perfectionnement répartis sur les mois à venir, j'aurais sûrement renoncé, considérant que le jeu n'en valait pas la chandelle.

Le stage, prévu pour le samedi 16 janvier 2010, sera donc le premier d'une série de 5 consacrés à l'initiation à la lumière de studio appliquée au portrait.
En noir et blanc, en argentique et en lumière continue !
Il s'agira de petits modules de deux heures pour deux élèves seulement ; nous conservons ainsi l'idée du cours particulier à laquelle je tiens.

C'est Arnaud Joly qui a été choisi comme maître de stage, parce que c'est un vrai passionné de lumière et que j'aime sa manière de l'envisager, à la fois sensible et très technique.
Et tant pis s'il faut le faire venir de Lyon tout exprès !


© Arnaud Joly

Il a concocté un programme si alléchant que je serais tentée d'y assister moi-même, avec évocation de l'histoire du portrait en studio depuis les débuts de la photographie et découverte (ou redécouverte) des photographes qui l'ont marquée dans ce domaine comme cerise sur le gâteau.

Bien qu'à l'origine ces stages aient été pensés pour les élèves de L'Oeil de l'Esprit, afin d'enrichir l'enseignement qu'ils reçoivent au long de l'année, il a finalement été décidé d'ouvrir à tous leur inscription.

TÉLÉCHARGER LE DOSSIER COMPLET

Nouvelle recrue

Hier, Christian Mc Manus rejoint notre collectif L'Oeil de l'Esprit.
C'est une décision que j'attendais depuis quelques temps et qui me ravie.
J'improvise une dinette à la maison pour fêter ça...

Art Document - Kentmere

Hier soir, premier cours avec Guillaume.
C'est un cours-cadeau que lui offre sa sÅ“ur pour son anniversaire ; j'adore l'idée.
Guillaume n'est pas un débutant, il prend déjà des cours ailleurs, mais un des ces cours du soir en groupe où chacun est à moitié livré à lui-même.
Nous allons passer une dizaine d'heures ensemble ces prochaines semaine et j'ai promis d'essayer de lui montrer des petites choses nouvelles.
Pour commencer, nous testons tous les papiers disponibles en ce moment au labo.
C'est mon credo, l'écriture de l'image passe aussi par le choix du papier.
Donc, classique, on parle de barytés, Warmtone Ilford (nous n'utilisons pas l'Ilford Multigrade IV FB Fiber), 532 et 542 Foma...les 2 heures passent vite...fin de cours, je me rappelle que j'ai encore de l'Art Classic de Kentmere et même s'il n'est plus fabriqué, je décide de lui montrer, pour le plaisir des yeux ! Il a existé le temps où, loin du confort des grades et demi-grades, je me débattais entre une boite de 2 et une boite de 3. C'était avant que Kentmere cesse de fabriquer le 3 et qu'on doive se contenter du 2 et faire plutôt les images en fonction des couples papier/révélateur.
J'en ai encore des frissons dans le dos.
J'ai souvenirs des tirages 60/90 avec Nathalie Lopparelli à Fenêtre sur Cour, pour l'exposition de la Direction des Affaires Culturelles à Paris, l'Eukobrom à 1+4, la température à 16°, une sorte de glorieux petit enfer !
Mais finalement, des noirs somptueux aussi.
La moitié obscure des tirages actuellement exposés au Petit Palais sont tirés là dessus. Bref, en cherchant, l'Art Classic, à force de farfouiller, je tombe sur une boite blanche à bandeau bleu que je ramène au labo bien qu'elle ne pèse pas lourd et qu'il semble y avoir à peine à l'intérieur de quoi bricoler un test ou deux.
Guillaume coupe aux ciseaux une bande mais au moment de la poser sous l'agrandisseur, comme par magie, en voilà deux ; je sais exactement de quoi il s'agit, il n'y a pas eu tant de papiers sur le marché avec un grammage aussi léger, c'est un peu comme exhumer un os de dinosaure sur un champs de fouilles, nous sommes en présence d'Art Document.
Lui, n'en a jamais vu, jamais entendu parler même, je suis la seule à être émue !
Je me rappelle l'époque où, pour finir les tirages d'exposition clairs du Petit Palais, alors que l'usine avait cessé de produire et qu'il n' y avait plus une feuille 40/50 disponible en France, il nous manquait, à Jean-Pierre Haie et moi-même, une pochette de 10 feuilles, pour laquelle je me serais damnée, et que j'avais appelé tous les revendeurs de tous les pays d'Europe, pour dénicher enfin cette malheureuse pochette.
Donc, là, hier soir, comme un petit miracle, 2 feuilles 24/30 venus d'on ne sait où, rescapées...


© Guillaume Brignon (test)

Et tout de suite, mon esprit en ébullition...que puis-je faire d'elles ?!

Qu'apprend on à nos enfants ?

Précisons en préambule que j'ai une tendresse toute particulière pour les plus jeunes de mes élèves, Maléna et Julien, respectivement 14 et 16 ans, car, pour avoir fait le choix d'apprendre la photographie argentique dans un monde où la plupart s'efforce de leur faire croire qu'elle est, non seulement moribonde, mais encore "dépassée", ils me paraissent déjà exceptionnels.
Donc, vendredi soir, fin de cours avec Julien, enfermés dans la chambre noire, tandis que les images se révèlent dans les bains, nous jouons aux devinettes.
Question : Peux tu me citer 3 photographes français ?
Hésitation.
Réponse : Toi, Dominique Isserman...Françoise Huguier.
On admirera ici et, personnellement je m'incline devant tant de précoce galanterie.
A tort où à raison, et parce que je l'entends au fil des cours évoquer toujours spontanément avec tendresse et élégance, ses sœurs et ses amies, j'en déduis que ce jeune homme a grandi dans une famille où le respect de la femme était naturel et j'éprouve une estime reconnaissante pour la manière dont ses parents l'ont élevé.
Mais, en tant que photographe, je ne suis tout de même pas assez imbue de ma personne pour n'être pas légèrement atterrée par cette réponse.
Et là, je le demande, qu'est ce que le système scolaire apprend donc à nos enfants ?!
Voilà un adolescent qui ne vient pas d'un milieu défavorisé, qui n'a pas de problèmes particuliers à l'école, qui apprend gentiment le chinois par goût, dont la scolarité s'est certainement déroulée dans des établissement de qualité, au moins hors des ZEP, et qui est tout de même incapable de me citer, même sans connaître leurs vies par coeur, au hasard, Henri Cartier-Bresson, Nadar et Robert Doisneau, pour ne citer que les plus populaires.
Voilà des adolescents qui ont, soi-disant, des cours d'art plastique, des adolescents qu'on surcharge d'heures, qui travaillent les mercredi et les samedis, mais à qui notre système scolaire n'est pas parvenu à faire découvrir, ne serait-ce que, 3 photographes français.
Où est le problème ?
Je n'ai pas osé demander par qui ni où avait été, au moins en partie, inventée la photographie...
Mais Dominique Isserman, Françoise Huguier, se demande le lecteur surpris et encore plein d'espoir, ne comptent-elles pas ?
Oui et non.
Oui, parce que c'est effectivement une réponse juste.
Non, parce que c'est moi qui les ai fait connaitre à Julien, en lui suggérant d'aller assister aux rencontres qu'Hervé Le Goff organisaient entre elles et le public durant le Salon de la Photo et que, donc, c'est de la triche !
Non aussi, parce qu'indépendamment du respect que je porte au travail de chacune, si Julien devait partir sur une île déserte avec trois monographies de photographes français...j'espère pour lui qu'il emporterait des œuvres plus fondamentales.
La question ici n'est pas, on l'aura compris, ce que sait ou ne sait pas un adolescent de 16 ans, mais bien ce qu'on ne lui a pas appris et pourquoi la photographie n'est toujours pas enseignée dans les établissements scolaires comme un art à part entière ?!
N'allons pas nous étonner ensuite de rencontrer des personnes pour affirmer haut et fort lors de diners en ville que la photographie n'est pas un art.

Sans m'avancer beaucoup, je crains que ce ne soit pas précisément durant ces prochaines années que les choses changent et que la culture trouve à l'école la place qui me semble lui être due.

Photos Nouvelles

Je trouve à l'instant dans ma boite aux lettres le nouveau numéro du magazine Photos Nouvelles que sa rédactrice en chef, Isabelle Darrigrand, me fait parvenir.
Une double page y est consacrée à celles de mes photographies qui sont actuellement exposées au Petit Palais.
C'est une grande joie et une grande fierté pour moi et que ces images soient précisément accompagnées d'un texte de Dominique Gaessler, pour qui mon estime n'a d'égale que ma reconnaissance, ajoute encore à mon bonheur.